OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Découvrez I Don’t Wanna by Eric Bling http://owni.fr/2011/03/22/decouvrez-i-dont-wanna-by-eric-bling/ http://owni.fr/2011/03/22/decouvrez-i-dont-wanna-by-eric-bling/#comments Tue, 22 Mar 2011 11:48:34 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=31259

Une Guitare en bois bien poussiéreuse, des cordes qui claquent à s’en casser, les mélodies recollées avec du scotch à réparer les vieux films de celluloïd… Éric Bling est chercheur en blues des origines et song writer. Entre Skip James et Léonard Cohen, son trip hop / Nu-blues et ses roots songs nous transportent dans un paysage sonore riche et subtil…

Nous avons découvert “What’s Nu” de Eric Bling comme souvent, en écoutant sans savoir qui s’exprimait par cette voix cassée. Quelque chose de viscéral, un peu décalé, off-beat et tonique à la fois, blues inside and on the guitare. Le son nous interpelle c’est Eric Bling, un Bordelais qui joue du blues. Comment ??!

Troisième album

Son prochain album, “A room over my head”, va sortir prochainement et nous ne pouvions nous empêcher de l’annoncer. Dans cet opus, le récit n’est pas le même, plus sombre que le dernier album, plus réfléchi, le beat a ralenti, chaque note est posée, chargée d’une certaine profondeur qui reflète une période donnée pour l’artiste. La pochette de son futur disque illustre des géométries variables qui forment une pièce et une tâche noire au dessus d’”Eric Bling”… Eric, que t’est-il arrivé entre “What’s Up” et “A room over my head”?

“Il est moins bricolé, j’ai beaucoup tourné mais il comporte moins de live. Il y a eu de la réécriture. En studio, il y a une écriture nouvelle qui s’est faite. Enregistré en studio, il est plus propre, j’y ai ajouté des samples de percussion, ça amène un univers un peu plus profond.”

Eric sait transmettre ses émotions et pour ce projet unique, il a donc passé un peu plus de temps en studio, a profité d’un espace dédié et de moyens qui lui ont permis de se concentrer sur des choses différentes qu’avec “What’s Nu”.

“What’s nu”, son dernier album à avoir touché les bacs est une tuerie de 13 titres au son et au sens plutôt parfaits. Nous avons retenu ce commentaire sur son dossier de presse :

Eric Bling serait une réincarnation moderne de Robert Johnson qu’il ne s’y prendrait pas autrement pour marquer son époque, faisant évoluer son blues dans le sens de l’avenir et lui offrant un souffle nouveau que le public n’est pas forcément encore prêt à accepter dès aujourd’hui mais qui, à n’en point douter, sera la règle à suivre impérativement pour être dans le coup d’ici quelques années. C’est avec des gens comme Eric Bling et des morceaux comme «The Gran’ Rail Road », « Wood Guitar » ou « I’m A Man » que l’histoire avancera sans trop se répéter … Et vous ne viendrez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenus!
ZICAZIC

En fait, il y a déjà eu deux album. Un premier, bricolé maison en 2003 intitulé “Get out of here”. Un vrai travail de “collage professionnel”. Eric s’amuse à reprendre et distordre des riffs. Le père d’Eric écoute Otis Reding et vit au rythme du blues, le groove lui est resté et il nous affirme ne savoir jouer que ça même s’il écoute tous styles de musique. N’empêche que ce bricolage parfois teinté de légère sonorités empruntées à l’électro arrive dans les mains de la Fnac et séduit en Angleterre avant d’atterrir aux Etats-Unis. S’ensuit une période de tournée pendant laquelle il écrit, “What’s nu”. Eh oui, Eric est un peu comme ça, c’est sur le vif qu’il écrit, et il sait vous transmettre ses sensations quand il est sur scène. C’est un homme du in et du out, le yang et le ying, la pression et la raison, le live et le studio.

Mais dites donc, c’est comment d’être un jeune Bordelais passionné de Blues, c’est pas vraiment le folklore de la région?

“Mon projet était complètement décalé, on me disait “ça ne marchera jamais”. Je continue à faire ma petite recherche dans mon petit coin.”

C’est Rick Sanders qui l’a fait venir aux Etat-Unis et c’est après seulement qu’il est invité dans les prestigieux festivals de blues tels que le Festival des Tremblants (Quebec – CA), le Spitz Blues Festival (Londres-UK), le Festival Blue Passion de Cognac (Cognac – FR), le Festival Blues autour du Zinc (Beauvais – FR)…

Internet = Voyage

“Mon projet de toujours “c’est bien que la musique voyage”. Donc je trouve ça très bien que tout le monde y accès.”

Eric voyage, sa musique avant et après lui. Ayant vite compris qu’internet lui permettrai de se faire connaître ailleurs, il a utilisé Myspace dès ses début, s’en sert comme carte de visite, une démo en réseau qui lui permet aussi de rencontrer des musiciens qui le soutiendront et participent à rendre sa musique crédible.

“J’ai monté un myspace parce qu’un journaliste de Bordeaux me l’avait conseillé. J’ai mis en ligne quelques titres. J’ai fait une première tournée au Canada. C’était la base de communication sur ce projet là. J’y ai notamment rencontré pleins d’amis musiciens. Amis car on se voit souvent en festival et qu’on se supportent mutuellement.”

Mais la gratuité, c’est un peu gênant non?

“La gratuité. De toute manière, aujourd’hui, tout coûte cher. Le cinéma, les bouquins, donc c’est très bien que la musique, qui est vitale, soit libre d’accès. L’accès à une culture, universellement.”

Les réseaux sociaux, il ne s’y est pas encore penché mais y voit très bien le potentiel au niveau communication et en plus l’aspect qui lui plait c’est que “ça décentralise la gestion et c’est très bien”. La stratégie web, ce sera donc évidemment pour la sortie de ce nouvel album. Il ne sait pas très bien comment il va s’embarquer dans cette nouvelle expérience mais en tous les cas sans à priori, sans hantise et il nous a même semblé un peu excité par ces inconnus que sont Twitter, Facebook et autres à ses yeux.

Frédéric Martel nous fait part de plusieurs témoignages dans son ouvrage intitulé “Mainstream” par lesquels certaines personnes de l’industrie voient le Blues, et la Christian music devenir peu à peu “mainstream”. Nous demandons donc à Eric s’il perçoit la même chose d’ici puisque mainstream égal international.

“Le Trip hop blues, ça commence à arriver. Des artistes américains comme Son of Dave ou Saesik steve commencent à sérieusement attirer l’attention des auditeurs sur ce style “de niche”.”

Eric voyage toujours quasiment seul. Son spectacle est travaillé de manière à ce qu’il n’ai besoin de déplacé que lui et sa guitare. Il a cependant un personnage fétiche qui, s’il peut l’amener, l’aide à sublimer sa musique. Ce personnage, du nom de Valoy, le suit depuis toujours sur scène en temps qu’ingénieur du son (personnage clé pour tout musicien qui respecte son travail) et la compréhension qu’il a de la musique d’Eric est telle qu’il a cette fois accompagné Eric en studio et a participer à l’artistique de ce nouveau projet.

Cet album nous est offert par Banzaï Lab, un label d’expérimentation Bordelais dont nous avions déjà parlé lors de la mise en avant de Senbeï, The Kid, un autre de leur artistes surprenant qui nous avait séduit.

Eric nous demande aussi de remercier La pépinière du Krakatoa et la Nef (Angoulême), des acteurs de l’ombre qui l’ont soutenus dans la réalisation de cet album qui paraîtra d’abord en version “collector” en mai puis une sortie “standard” à l’automne.

Eric est un artiste passionné qui travail dur pour que nous autres, en partageant et en optimisant le talent qui lui a été offert, lui permettions de participer à “la diversité culturelle” du paysage français et mondial. Afin de sauvergarder et soutenir une culture saine, diverse et de qualité, nous vous suggérons fortement d’acheter les oeuvres de ce bonhomme. En attendant “A room over my Head” rattrapez le temps perdu si ce n’est déjà fait avec “What’s Up“.

Retrouvez Eric Bling sur Myspace

Sur la même thématique et dans le cadre du focus sur le folklore Américain, vous pouvez lire les articles suivants sur OWNImusic :

- OWNI X SXSW : un petit air de Country

- Découvrez Cheyenne by Left Lane Cruiser

- Le blues vu de l’hexagone

Crédit cover: Jérôme Charbonnier

]]>
http://owni.fr/2011/03/22/decouvrez-i-dont-wanna-by-eric-bling/feed/ 3
Cap-sciences.num ou la métamorphose numérique d’un CCSTI http://owni.fr/2010/11/04/cap-sciences-num-ou-la-metamorphose-numerique-d%e2%80%99un-ccsti/ http://owni.fr/2010/11/04/cap-sciences-num-ou-la-metamorphose-numerique-d%e2%80%99un-ccsti/#comments Thu, 04 Nov 2010 16:47:16 +0000 Marion Sabourdy http://owni.fr/?p=33226 Trois ans. C’est le temps que Cap sciences – le Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CCSTI) de la ville de Bordeaux - s’est donné pour transformer entièrement son fonctionnement en passant au numérique. Un gros challenge à entendre Jean-Alain Pigearias :

Cap-sciences.num fait bouger les lignes. Il impacte directement tous les salariés et doit être transversal pour ne pas gaspiller du temps. C’est un projet profondément culturel car il agit en même temps sur plusieurs leviers”

L’édition, l’exposition et la médiation en chantier

Du côté de l’édition, une plateforme multimédia d’information scientifique régionale, Infosciences-Aquitaine a été lancée le 25 septembre 2009. Elle témoigne de l’ensemble de l’actualité régionale de l’innovation scientifique, technique et industrielle. Une sorte d’alter-égo scientifique de la rédaction de Sud Ouest, installée juste en face du centre, sur l’autre rive de la Garonne.

Coordonnée par le journaliste Alexandre Marsat, elle comprend des reportages écrits, vidéos, sonores et photographiques.

« Infosciences permettra de rassembler sur un seul site toute la production éditoriale de Cap sciences. Aussi bien le magazine et la revue que les textes affichés dans les expositions »

nous explique le journaliste. Sans oublier les portraits de chercheurs, les reportages dans les laboratoires, les émissions de radio, la webTV et les dossiers thématiques sur la recherche et l’innovation.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

L’équipe procède donc à la numérisation d’un grand nombre de contenus déjà existant et tente de mettre au point une chaîne d’édition pour les futurs contenus :

« A partir du synopsis d’une exposition, nous souhaitons produire un dossier de presse, les communiqués de presse, une newsletter, des dossiers pour l’itinérance de l’exposition, etc. ».

Un projet qui permettra de revaloriser les contenus, faire revivre les anciennes expositions et de toucher un public différent, comme par exemple les étudiants avec la web-radio.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Du côté des expositions, le numérique s’intègre petit à petit pour offrir plus de contenus accessibles selon les profils et choix des visiteurs. Ces nouveautés ont été testées pour la première fois en février dernier avec l’exposition “Consom’Attitudes“. C’est dans ce cadre que l’équipe de Cap sciences a testé pour la première fois la technologie Visite Interactive Personnalisée (VIP).

La puce RFID comme accessoire de la visite muséale

A l’entrée de l’exposition, le visiteur se voit délivrer une carte munie d’une puce RFID (le numpass ou navinum). Il y enregistre d’abord de manière anonyme quelques données sur son profil, qui peuvent servir à des projets de recherche. Plus tard, ces données pourront également servir à une adaptation du niveau de l’exposition à son âge, ses centres d’intérêts ou sa nationalité.

Pendant toute la durée de sa visite, il enregistre ses réponses aux différentes questions sur des bornes spéciales, les numport. A son retour chez lui, le visiteur pourra se connecter à son espace privé sur le site de l’exposition, créer un compte à partir de son numéro de puce, comparer son parcours et ses réponses à ceux d’autres visiteurs, revoir l’exposition, refaire les jeux pour améliorer son score ou encore commenter les articles.

Notre spectateur lambda est alors devenu un sciencesOnaute. Sébastien Cursan, le responsable de la médiation numérique évoque un projet d’aménager la médiathèque du centre pour avoir accès à la galaxie des sciencesOnautes et voir la communauté évoluer en direct.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Sébastien a entamé une réflexion sur la “mise en scène des savoirs. Les responsables de Cap sciences souhaiteraient proposer une navigation dans un milieu éclaté, ou tous les contenus sont présents simultanément pour désorienter volontairement le visiteur, comme le fait par exemple l’entreprise de design d’espaces Electronic Shadow

À noter tout de même, pour l’instant, l’absence de messages privés ou d’interaction directe entre les scienceOnautes, ce qui limite l’expansion d’une véritable communauté. Les membres de Cap sciences poursuivent leurs efforts pour intégrer petit à petit le numérique dans tout le bâtiment et inversement créer des expositions entièrement virtuelles présentées dans plusieurs sites internet « satellites » du principal.

Un laboratoire d’observation des nouvelles pratiques

Dernier chantier et pas des moindres : la médiation. On peut même le considérer comme le plus dur, car le plus transversal. Il concerne à la fois la rencontre avec le public dans le centre et l’animation de la communauté sur internet (voir le compte Twitter et la page fan Facebook encore en “rodage”).

Cap sciences souhaite se positionner comme un lieu où s’articulent le monde virtuel et le réel,

« une zone de frottement entre ces deux mondes, un laboratoire d’observation de nouvelles pratiques »

précise Sébastien. Malgré une réticente de certains membres du CCSTI vis-à-vis du numérique, Sébastien, Alexandre et le webmaster Vincent Clarenc ont lancé le projet de Studio Cap sciences. Les trois hommes, jusqu’ici éclatés géographiquement, se rassemblent dans un même lieu pour coordonner leur travail et faire prendre conscience des changements que le numérique induit.

En tant que médiateur formé « à l’ancienne », Sébastien Cursan se demande :

« Quand un visiteur entre à Cap sciences ou quand un internaute arrive sur le site : quelle aventure peut-on lui proposer ? Comment l’impliquer dans un récit, notamment via le numérique ? ».

La réflexion concerne donc la déambulation physique dans le bâtiment et virtuelle sur les sites. Le jeune homme n’a pas été choisi au hasard. Il a déjà été animateur sur l’exposition « Planète numérique » en 2000 et travaille actuellement à « Numériquement vôtre », créée par l’Espace des sciences à Rennes.

Pour « Consomm’Attitudes », il a étudié avec un stagiaire l’impact du numérique sur le public et les animateurs, notamment la  façon dont ces personnes s’approprient les outils comme la puce RFID.

Du côté des animateurs :

« nous avons observé la manière dont ils se servaient des outils numériques. Ceux-ci étaient-ils utilisés pour mieux vulgariser ou au contraire constituaient-ils un frein à l’animation ? ».

Du côté des visiteurs :

« nous donnions des explications avant l’entrée dans l’exposition. Ce travail d’observation et d’accompagnement sur les outils n’est jamais fait dans les autres CCSTI ».

Et le public n’est pas le seul à devoir être rassuré. Le passage au « tout numérique » inquiète visiblement les médiateurs. Bugs, perte de contrôle, de temps, du contact humain, non maîtrise de l’outil, évaluation du travail sur de nouveaux critères, « traces » indésirables sur les réseaux sociaux voire disparition pure et simple du métier de médiateur… La liste des peurs est longue et freine certains membres du CCSTI dans leur appropriation du numérique.

Pour atténuer ces angoisses et rendre le site plus attractif, Vincent propose de nombreuses idées : petites vidéos filmées « à la Antoine de Maximy » caméra à l’épaule dans le centre, interviews de 1 à 2 minutes des conseillers scientifiques quand ils se déplacent au CCSTI, interface du site plus riche, activité plus importante sur les réseaux sociaux… Le webmaster prend comme exemple le Muséum de Toulouse pour ses activités sur le web.

Les enjeux économiques, politiques et culturels de Cap-science.num sont nombreux et découleront des choix actuels. Ce projet n’est visiblement pas un gadget dans l’arsenal du CCSTI bordelais mais il n’est pas encore pleinement opérationnel. La réflexion que mène le centre prouve qu’il a un rôle à jouer au sein des structures françaises de culture scientifique, afin de rester prescripteur dans ce domaine.

>> Images CC Flickr : Knowtex.

>> Article initialement publié sur le Knowtex blog

]]>
http://owni.fr/2010/11/04/cap-sciences-num-ou-la-metamorphose-numerique-d%e2%80%99un-ccsti/feed/ 0