OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 “L’auteur aurait intérêt à être piraté” http://owni.fr/2012/05/21/thomas-cadene-auteur-aurait-interet-a-etre-pirate/ http://owni.fr/2012/05/21/thomas-cadene-auteur-aurait-interet-a-etre-pirate/#comments Mon, 21 May 2012 16:21:12 +0000 Guillaume Ledit http://owni.fr/?p=108880 Les autres gens. Du modèle économique de l'édition en ligne en passant par les droits d'auteur, le statut de la création en France ou Twitter et Hadopi, entretien à bâtons rompus. ]]>

Les autres gens ©Aseyn

Thomas Cadène est l’auteur d’une bande-dessinée dont le modèle a pu surprendre. Les autres gens, c’est une “bédénovela”, une sorte de soap opera dessiné, une série portée par des personnages attachants et un scénario bien ficelé. Jusque-là, rien d’exceptionnel. Sauf que cette bédé est née de, sur, et par Internet. Et qu’elle réunit une centaine d’auteurs. Depuis le 1er mars 2010, Thomas Cadène, qui porte le projet, en publie un épisode quotidiennement. Si la série s’arrête au mois de juin sur Internet, l’éditeur Dupuis continuera à en assurer la publication papier.

Rencontre avec cet acharné de travail, qui, quand il fait ses pauses, s’engage dans de grands débats sur Twitter.

“C’est Internet qui a fait de moi un auteur professionnel.”

Comment tout ça a commencé ?

C’est Internet qui a fait de moi un auteur professionnel. Il y a près de 10 ans, j’ai fait mon premier feuilleton numérique. C’était une chose un peu folle et absurde, écrite, que je diffusais par mail. Suite à une période un peu chaotique, à l’issue de mes études, j’ai décidé d’envisager l’hypothèse que ce que j’aimais tellement faire (le dessin, raconter des histoires) puisse faire office de projet professionnel. Je n’avais aucune porte d’entrée dans ces milieux.

Les autres gens ©Florent Grouazel

Quand on n’a rien, aujourd’hui, on a toujours un peu… Internet.

Bref, je suis autodidacte donc je suis arrivé un peu sur la pointe des pieds et j’ai naturellement commencé sur un forum, le Café Salé, probablement autour de 2005. Là j’ai découvert la richesse et les potentialités du communautaire, le contact varié avec des amateurs, des professionnels. L’aspect très concret de la rencontre virtuelle. J’ai des amis très importants pour moi qui sont issus de cette époque et mes deux premières BD je les ai signées grâce au forum.

En somme, le contexte numérique m’est très familier mais je ne suis pas du tout un geek. Ni culturellement, ni techniquement. Simplement ça fait partie de ma vie, je travaille sur Google docs, je discute avec mes dessinateurs sur Facebook ou Gmail, je fais mes pauses sur Twitter et j’y prends pas mal de contacts et rendez-vous pro. Pour le dessin, j’utilise une palette même si, depuis un moment, je me focalise davantage sur un travail d’écriture.

Comment tu as fait pour monter le modèle économique des Autres gens ?

Au départ c’est une SARL avec de l’investissement personnel, familial et amical. Moins de 25 000 € en tout pour lancer la machine. Le modèle économique choisi est très simple, ce sont les abonnements. Quand Dupuis est arrivé pour acheter les droits c’était bienvenu, mais il faut savoir que la moitié des droits reviennent aux auteurs. Aujourd’hui Les autres gens, c’est un animal qui fonctionne sur deux pattes : une patte numérique et une patte papier.

Mais, contrairement à ce qu’on a pu lire ici ou là, cet aspect là n’est pas du tout la démonstration de l’invalidité du modèle économique strictement numérique. Loin de là. La limite de ce projet, c’est moi. C’est ça qui a empêché de rester strictement numérique. Moi, parce que j’ai été trop seul à porter tout le bordel : je suis à l’écriture, à l’organisation du planning, à l’administratif, et aussi à la communication, à la gestion des galères des abonnés etc. Il y a quand même une centaine d’auteurs qui sont concernés et 1200 abonnés en moyenne. La limite des Autres gens, c’est pas le concept, il est bon, merci, la limite des Autres gens, c’est moi. Quand t’es partout, t’es souvent nulle part, tu passes à coté de plein d’opportunités, tu fatigues, tu perds du temps à apprendre, tu fais parfois pas très bien ce qu’avec du temps aurait pu être fait mieux, etc.

Les autres gens ©Sacha Goerg

Prenons un exemple : mettre Les autres gens en application sur iPhone. Au début, on a pensé les cases pour, jusqu’à ce que j’apprenne qu’Apple ne voulait pas voir le moindre bout de peau : or, il y a du cul tout le temps. Ils sont affreux là-dessus. Même la simple nudité, c’était impossible. Je crois qu’ils sont en train de changer un peu mais bon, à l’époque c’était inenvisageable. Voilà comment on se retrouve avec un débouché qui saute. Mais ceci dit, je n’allais pas renoncer au coté cru, frontal des Autres gens pour faire plaisir aux puritains, donc c’est un peu différent.

Tu n’es t’es pas intéressé aux mécanismes de crowdfunding ?

On est plus proche de Mediapart ou d’Arrêt sur Images. J’ai eu des contacts avec Ulule mais je ne sais pas trop quoi leur proposer. En revanche, mon pote Wandrille y a proposé “Coups d’un soir”, et ça a très bien marché. C’est bien, je suis curieux de ce système, je le trouve très intéressant, très prometteur en ce qu’il permet de préfinancer. Mais sur Les autres gens j’étais parti sur le système des abonnements. Ceci dit il est clair qu’au niveau des seuls abonnés, comme je le laissais entendre avant, on était un peu insuffisant financièrement.

Et tu continues Les autres gens ?

J’arrête la production en juin, je suis fatigué. Tous les jours un nouvel épisode, c’est tous les jours une nouvelle galère à gérer. Mais j’en vis (ou presque) depuis deux ans, j’ai distribué des droits, je suis content du chemin qu’on a parcouru, des rencontres extraordinaires que j’ai pu faire grâce à ça. Ça n’aura pas été inutile.

Et puis on est pas mort. On n’arrête pas l’exploitation, on a toujours des idées, des envies…
Maintenant il faut que les autres révolutionne le truc. Il y a les projets d’auteurs en BD numérique qui arrivent : La revue dessinée, Le professeur Cyclope, j’ai hâte de voir ce qu’ils vont proposer. Quels modèles, quelles options narratives. Et puis il faut que les éditeurs s’empare du sujet. Il est temps.

Leur problème (du moins pour une partie) c’est qu’ils ne savent pas trop comment monétiser le web parce que c’est un écosystème qui ne leur est pas familier. Ils maîtrisent le papier et sa chaîne de distribution, pas encore Internet. À de rares exceptions près comme Didier Borg (qui est chez Casterman et qui a lancé Delitoon) ou Yannick Lejeune chez Delcourt qui connait très bien le sujet.

Et aucun éditeur en France ne se lance dans un projet numérique un peu solide ?

Delcourt, avec Yannick l’a fait avec le projet de Marc Antoine Mathieu, qui s’appelle 3 secondes. C’est le même récit que le récit proposé en album mais avec une forme narrative différente, une sorte d’alternative intelligente. Pour un auteur assez conceptuel et “joueur”, ça fonctionnait bien. Mais c’était présenté comme un bonus, ils n’ont pas pris le risque de l’entrée dans l’économie du numérique avec cette expérience.

Tu penses quoi des mécanismes de financement de la création numérique dans ton secteur ?

J’ai fait Les autres gens, donc j’ai plongé de manière plus concrète dans les aberrations de financement de la création. Le projet a été monté sans subventions. Le Centre national du livre (CNL) n’a pas pu l’aider et dans le même temps, les éditeurs recevaient des sommes importantes de ce même CNL pour numériser les livres. C’est souvent aux gros éditeurs que les subventions au numérique bénéficient ou aux projets prestigieux.

Alors qu’Internet et la BD, c’est une histoire d’amour, non ?

Mais évidemment ! Les auteurs se sont rapidement emparés d’Internet et des formats numériques sans aucune difficulté. Partout dans le monde. Et aujourd’hui, dans les grosses stars d’Internet, il y en a une partie qui est issue du monde de la BD. Boulet par exemple, ou Pénélope. Ce sont des gens qui sont devenus des stars sur Internet, qui ont un rapport très naturel à ça, très complice avec leur public, intelligent dans leur approche à la fois humaine et graphique du medium. Et il ne se passe toujours rien concrètement du côté des éditeurs. On n’est pas dans un pays qui favorise particulièrement des innovations de type marchand hors des structures existantes. Du coup les gens inventent leur blog ou leur format mais ça ne fait pas manger : l’objectif reste toujours de se faire éditer.

“La gratuité, l’échange, ça fait aussi partie d’Internet.”

Pour dépasser ça, personne ne pense à monétiser l’audience de son site ?

Certains qu’Internet a propulsé considèrent que mettre de la pub ou monétiser leur site c’est ne pas respecter son lecteur. C’est quelque chose que je comprends tout à fait. Il faut dire qu’avec leur audience, leurs publications papiers cartonnent ! C’est un modèle économique et créatif valide et pertinent. Ce n’est pas parce qu’ils sont sur le net qu’ils ont une sorte d’obligation d’en vivre. La gratuité, l’échange, ça fait aussi partie d’Internet et c’est d’ailleurs un de ses aspects les plus intéressant.

Le problème pour les éditeurs, c’est qu’un jour ces auteurs, parce qu’ils ont le talent, l’expérience et le lectorat, finiront par ne plus avoir besoin d’éditeurs. Quand tout le monde sera équipé en tablette, les auteurs-stars pourront négocier de conserver leurs droits numériques et tout vendre sous forme d’applications ou d’ebook ou que sais-je.

Quand tu as un site consulté par 50 000 ou 100 000 personnes par jour, tu n’as plus besoin d’intermédiaires. Le problème c’est qu’ils sont trop importants pour être significatifs pour toute la profession. C’est comme de dire que JK Rowling a révolutionné l’édition numérique, ou Radiohead le marketing sur Internet. Ce sont des gens qui ont une audience telle qu’ils peuvent se passer d’intermédiaires mais dont les succès (ou même les échecs) sont aussi atypiques qu’eux. Ils sont des systèmes autonomes.

“J’étais très opposé à loi Création et Internet.”

Au-delà des aspects techniques, tu t’intéresses aussi aux rapports entre numérique et politique, particulièrement en ce qui concerne les droits d’auteur, et la situation de la création.

Avant même de lancer Les autres gens et de faire du numérique d’un point de vue professionnel, j’étais très opposé à loi Création et Internet, qui a créé la Hadopi. Pour cette raison, en tant qu’auteur, les positions favorables du Syndicat national des auteurs et des compositeurs (Snac) me posaient vraiment un problème.

Heureusement la branche BD y était opposée. Ils ont sauvé l’honneur. Sur la question de la défense syndicale de l’auteur, de l’accompagnement dans le litige, ou dans la jungle des contrats, le SNAC -et particulièrement le SNAC BD- est très utile et fait réellement un boulot de dingue. Je suis nettement plus circonspect sur leurs prises de position plus générales faites au nom des auteurs.

Concrètement les créateurs n’ont pas vraiment d’instances représentatives qui me paraissent très pertinentes. C’est le problème des activités économiquement bancales comme la littérature, la chanson ou la BD. Ceux qui en vivent se défendent (et ils ont bien raison) ceux qui n’en vivent pas ne savent pas trop et ceux qui sont entre les deux sont un peu perdus et fort peu audibles.

On l’a vu avec la question de la numérisation des œuvres indisponibles, qui s’apparente à une privation de chances, d’opportunité pour les auteurs. Là encore les pouvoirs publics ont trouvé des soutiens qui m’ont un peu surpris. Pour moi cette loi est une aberration (en plus d’être un peu stupide, ce qui la rapproche du cas Hadopi) mais savoir que ceux qui prétendent porter la voix des auteurs la défendent, ça me fout un peu hors de moi.

Les autres gens ©Loic Sécheresse

En réalité, la plupart des auteurs sont tout seuls. La plupart ne touchent rien, ils ne vivent pas de leurs droits, ne sont pas syndiqués, ne pigent rien parce que tout est fait pour être imbitable. D’ailleurs si on voulait aider la création, faudrait déjà commencer par réformer un peu l’aspect administratif et l’aspect gestion de sécu de celle-ci… Si on y ajoute les scandales de type Sacem, l’auteur qui n’a pas envie de pleurer, il est rare.

“L’auteur aurait tout intérêt à être piraté.”

Ce que je veux dire c’est que ceux qui prétendent parler pour nous (et qui parfois le font très bien, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit) n’ont pas du tout le même point de vue que nous, par nature. Nous ne sommes pas les mêmes. Un dirigeant de société de gestion de droit, lui, il veut des droits à gérer. L’écrivain, le dessinateur ou le parolier qui rapporte 30 € ou 150 € de droits par an ça l’intéresse parce que ça fait parti d’un tout. Alors il explique qu’il faut Hadopi pour défendre cet auteur. Mais putain, l’auteur, qu’est ce qu’il s’en fout du piratage ! 50 € ou 200 € ! Il aurait tout intérêt à être piraté, à rencontrer son public, à diffuser son œuvre. Hadopi dans ce cas là ne défend pas l’auteur mais défend la masse d’argent à gérer, le pouvoir.

Que ce soit clair, je ne suis pas un fanatique du piratage (même s’il ne me fait pas peur). Je suis simplement contre la réponse Hadopi à cette situation là. Quand je lis des abrutis défendre le piratage avec des arguments pathétiques de mauvaises fois en mode enfants gâtés, j’ai des envies de baffes mais il y aussi des débats passionnants sur la circulation des œuvres, sur le partage, sur la découverte. Ces débats, je n’aime pas qu’on les réduise à une caricature du “le pirate est un criminel”. C’est parfois un con, c’est souvent un passionné, c’est la plupart du temps ni trop l’un, ni trop l’autre. Alors ça implique un regard un peu plus précis sur une situation un peu plus complexe. Et la réponse Hadopi est à cette aune là d’une bêtise qui confine à l’exploit.

Qu’est ce qui te gênait principalement dans cette loi ?

Dans une première vie j’ai eu une maîtrise en droit. Pour moi, Hadopi piétinait des principes fondamentaux. Déjà, à mes yeux ça suffisait à l’invalider. Ensuite son idée inavouée et son problème majeur c’était tout de même qu’on opposait soudain la création à son public. C’est une bêtise.

Ce rapport au public m’est apparu comme très révélateur. On a peur du public, on ne s’adresse plus à lui, on le craint. On a besoin de lui mais on le tance. Il y a quelque chose qui cloche là dedans. Ce n’est pas Internet qui a rendu les métiers de la création incertains et difficile. Toutes les études le démontrent. Par ailleurs Internet, grâce à un nouveau rapport au public aurait même plutôt tendance à émanciper le créateur. Où sont ces débats là ?

Et enfin, il y a le problème, la question, la grande question du droit d’auteur. La dérive des droits d’auteur vers l’idée de rente. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi mes petits-enfants devraient bénéficier de mes droits d’auteur pendant 50 ou 70 ans après ma mort. Alors que tout le monde sait bien que cette disposition ne permet pas d’éviter des trahisons de l’œuvre mais qu’elle permet juste de les privatiser.

Les autres gens ©Didier Garguilo

La réalité, c’est qu’il s’agit de défendre les intérêts de l’éditeur et des héritiers, pas ceux de l’œuvre. Les premiers bénéficiaires de la soi-disant protection des auteurs, ce sont les éditeurs (et les sociétés de gestion de droits). Ce n’est ni la création, ni la défense de l’auteur. Une fois mort, l’auteur, il s’en fout pas mal.

Alors certes j’aurais du mal à y renoncer parce que j’ai envie de transmettre les fruits de ce que je fais. Mais j’ai conscience que ça n’a rien d’une évidence et que les motifs qui sous-tendent ça ne sont que patrimoniaux, ils ne sont pas moraux, artistiques ou que sais-je. Ce que je veux dire c’est que ce sont des questions qu’il va bien falloir finir par se poser.

“Je ne suis pas contre le droit d’auteur.”

Qu’on comprenne bien : je ne suis pas contre le droit d’auteur. Sûrement pas. Sans lui je ne mange plus. C’est un système habile, intelligent. Mais très vieux et parfois complètement à coté de la plaque.

Je vois pas pourquoi on ne pourrait pas dépouiller, trucider, piller mon œuvre après ma mort. Enfin si quelqu’un a envie, pour peu que mon œuvre existe encore un peu.

Le pillage, la relecture, tout ça nourrit l’art. Toute l’histoire de l’art est fondée là- dessus.

Non seulement tu as créé les autres gens sur Internet, mais en plus tu y es assez actif et semble t’intéresser à de nombreux sujets. Quel est ton rapport au numérique ?

Techniquement, je n’y comprends rien. J’utilise les outils mais je suis terrifié à l’idée d’apprendre. Enfin, terrifié, disons que je n’ai pas une curiosité terrible vis à vis de tout cet aspect là et que je culpabilise parce que le nouveau discours c’est “il faut apprendre à coder, c’est le nouveau langage, par lui viendra notre libération” tout ça, tout ça. Donc Il va probablement falloir que je me décide à me familiariser avec ça, mais pour l’instant je reste pragmatique : je demande aux gens compétents et on se répartit les tâches.

En revanche, tout ce qu’il y a autour m’intéresse, forcément. Parce que j’y suis né (en tant qu’auteur, dans le numérique), parce que j’y ai crée mon projet le plus fou et parce qu’à cette occasion j’ai découvert les galères, les peurs, les frilosités et les implications, bien au delà de mon seul domaine.

Qu’est-ce qui t’a fait passer du droit à la bande-dessinée ?

Je gardais en tête, pendant mes études, la phrase : “le droit mène à tout à condition d’en sortir”, non pas parce que je n’aimais pas ça, j’adorais, mais parce que je ne voyais pas ce que j’allais bien pouvoir y faire, professionnellement. Mais j’ai gardé le goût de la précision et de l’argumentation… Sur Twitter ça me conduit à de nombreux tweet-clashs plus ou moins ridicules.

C’est utile Twitter ?

Je suis un convaincu, c’est incroyablement utile. Ça permet d’ouvrir un peu ses perspectives et de rencontrer des gens intéressants. Ça ne marche pas à chaque fois, mais c’est tout de même plus facile. Il y a des gens qui m’ignorent ouvertement. Et il y a ceux avec qui je me sens OK pour aller vers le tweetclash ou le dialogue.

Les autres gens ©Florent Grouazel

Et puis j’essaie de m’impliquer dans les débats qui me concerne. Sur le numérique par exemple. J’ai ramé mais j’ai fini par être repéré par Fleur Pellerin ou Laure de La Raudière par exemple pendant la campagne et d’avoir des échanges intéressants sur ces sujets. En parlant de la campagne, j’ai été un peu atterré tant j’ai trouvé sur les questions de la création numérique le candidat socialiste trop prudent et le candidat UMP caricatural et bloqué.


Illustrations de la BD Les autres gens, via Thomas Cadène. Tous droits réservés.

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Vendredi c’est Graphism! S02E37 http://owni.fr/2011/10/07/special-steve-jobs-vendredi-c%e2%80%99est-graphism-s02e37/ http://owni.fr/2011/10/07/special-steve-jobs-vendredi-c%e2%80%99est-graphism-s02e37/#comments Fri, 07 Oct 2011 06:09:31 +0000 Geoffrey Dorne http://owni.fr/?p=82516

Hello, bonjour et bienvenue !

Cette semaine, l’actu tech, geek, et design est bien triste avec la disparition d’un des plus grands designers de notre époque, Steve Jobs. Alors, je vous arrête tout de suite, je ne vais pas sortir ni les iViolons ni les iLamentations. Je vous propose juste, d’un point de vue graphique, design, artistique et vivant, un petit détour par la planète Steve Jobs !

Au programme, un aperçu visuel de “l’esprit Steve Jobs”, une floppées de page d’accueil, le rapport entre la typo & Apple, un petit tour par la scénographie d’un Apple Store, le mauvais côté d’Apple, la une de Libé et le discours de Steve Jobs lors de la cérémonie de remise des diplômes de Stanford… :-)

Bon vendredi… et bon “graphism” !

Geoffrey

Allez hop, on commence avec cette intéressante visualisation publiée hier et qui nous plonge à l’intérieur de la “pensée Jobs”. En effet, au travers de mots simples, l’image nous retrace le parcours d’une pensée, d’une façon de voir le design produit, le design d’interface et la conception orientée vers l’innovation.

source

On continue avec une revue graphique des gros sites américains qui ont décidé de rendre hommage à Steve Jobs. D’une façon très sobre comme pour Google ou plus visuelle comme Wired ou Apple, on sera également surpris de voir Amazon afficher un petit cadre ou encore Boing Boing emprunter le thème des premiers Macintosh sur l’intégralité de son site ! Bref, c’est très inhabituel alors voici ce que ça donne…

Dans l’ordre : Apple.com, BoingBoing.net, Amazon.fr, Google.com, Wired.com (s’il y en a d’autres, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires)

Vous le savez peut-être, Steve Jobs avait suivi des cours de calligraphie à l’université… C’est donc pour cela qu’au royaume des Macintosh, la typo est reine et qu’une exigence a toujours été faite sur la typographie employée dans les produits Apple  ! Susan Kare a ainsi été la première à créer les Police Apple : Monaco, Geneva, New York, Chicago… elle est également à l’origine des premières icônes Macintosh. Quelques exemples.

sources

Je tenais également à vous inviter dans ce retour en 2001, avec une vidéo d’archive où Steve Jobs présentait les premiers Apple Store. Une visite de pré-lancement de l’un des premiers magasins Apple en 2001. Les ingrédients sont là et c’est ce sur quoi j’aimerais attirer votre attention : internet sur chaque ordinateur, le téléphone rouge pour appeler Cupertino, le Genius Bar où, très finement, Steve Jobs se place en précisant « I’m not a genius ». Tout est dans l’art de la mise en scène et Apple nous rappelle donc qu’ils savent assembler de la technologie, qu’ils savent créer de l’expérience dans leurs produits… mais également dans leurs magasins. En tout cas, l’idée de l’Apple Store n’a toujours pas changé en dix ans et elle restera certainement brillante encore longtemps.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

source

Comme tout n’est pas noir ou blanc, je vous invite à lire également ce que Michel Rabagliati dessinait il y a encore quelques temps au travers d’un roman graphique dans lequel il met en scène son personnage Paul. Ainsi, ses ouvrages comme « Paul à la campagne », « Paul a un travail d’été », « Paul en appartement », « Paul dans le métro » racontent du vécu, de l’histoire vraie teintée d’émotion. Dans « Paul à la pèche », Clément avait scanné ce strip qui parle de l’arrivée d’Apple et plus précisément du Macintosh dans le domaine des arts graphiques. Une bande-dessinée qui présente un point de vue intéressant pour compléter également l’image de la marque Apple mais aussi ce à quoi Steve Jobs devait, je pense, se retrouver parfois confronté.

mac apple Apple et Paul : On sest bien fait baiser

source

Côté graphisme toujours, je tenais à vous signaler cette superbe Une sortie aujourd’hui et signée Libération… ça se passe de commentaire mais le résultat est très élégant, visuel et graphique !

Allez on termine avec une vidéo (sous-titrée en français) filmée en 2005 où Steve Jobs réalise un de ses plus beaux discours devant les étudiants de Stanford. Outre le côté historique, je pense qu’un tel discours peut en laisser rêveur certains et certaines !

Cliquer ici pour voir la vidéo.

source

Pour finir ce numéro un peu spécial, je tenais à signaler que, loin des guerres de chapelles entre Apple, Microsoft, Mac et PC (je bosse sur PC et pourtant j’utilise les produits Apple tous les jours…), je souhaitais souligner que Steve Jobs était avant tout un designer, avec une démarche, une vision et une approche particulière et que l’hommage qui lui est rendu aujourd’hui est peu comparé à ce qu’il a apporté au monde du design.

Bref, si vous voulez aller plus loin avec Apple & Steve Jobs et garder une belle image de tout ceci, je vous invite à jeter un oeil sur cet article ou encore à rire avec ces parodies, ces caricatures, et autres infographies décalées

Un excellent week-end et… à la semaine prochaine !

Geoffrey

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Un voyage pharaonique en BD http://owni.fr/2011/05/06/un-voyage-pharaonique-en-bd/ http://owni.fr/2011/05/06/un-voyage-pharaonique-en-bd/#comments Fri, 06 May 2011 17:04:09 +0000 Golo & Dibou http://owni.fr/?p=61588 “Chroniques de la nécropole” est une BD à part. De celle qui raconte à la fois un destin personnel et celui d’un peuple. L’histoire perso est celle de Golo et Dibou, un couple de Français qui s’est installé au bord du Nil, tout près de Louxor et de son trésor archéologique. Deux artistes (lui dessine, elle coud) qui tombent amoureux d’une terre et de ses habitants, pauvres paysans égyptiens.

Face à l’afflux des touristes et à la menace des attentats islamistes, les autorités décident en 2006 de créer une vaste zone désormais inhabitable. Objectif : créer une sorte de Disneyland des pharaons, au prix d’une délocalisation forcée du village de Gournah. Sans trahir le suspense, la fin est triste… mais la Révolution égyptienne pourrait bien changer le cours des choses. Pour les lecteurs d’OWNI, voici un extrait de l’album et une longue discussion avec ses auteurs.

Photo Ophélia Noor en CC pour OWNI

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[ITW] Golo: “La réaction citoyenne des Egyptiens” http://owni.fr/2011/05/06/itw-golo-la-reaction-citoyenne-des-egyptiens/ http://owni.fr/2011/05/06/itw-golo-la-reaction-citoyenne-des-egyptiens/#comments Fri, 06 May 2011 16:53:58 +0000 David Servenay http://owni.fr/?p=61545 De passage à Paris pour la sortie de leur album “Chroniques de la Nécropole” (éditions Futuropolis), Golo et Dibou livrent leur vision de l’Égypte d’aujourd’hui. Une Égypte à la fois libérée et anxieuse, une Égypte qui a “retrouvé son sens de l’humour”, précise le dessinateur.

Dans cette histoire, le couple retrace la chronique d’un véritable Disneyland pharaonique au bord du Nil. Un projet qui, par sa démesure, provoque l’expulsion des paysans du village de Gournah, chassés par un pouvoir concevant le tourisme comme une industrie de masse. Dans ces pages, il y a beaucoup d’humour et d’autodérision. Pas mal de noirceur et un soupçon d’espoir. L’occasion de faire le point sur les vertus de la bande dessinée appliquée à un sujet éminemment politique.

Vous êtes toujours installés à Gournah?

Golo : Oui, on habite au village, à 700 kms au sud du Caire. Face à la colline qui a été rasée, il reste quelques maisons de l’autre côté de la route. C’est la dernière tranche qui doit être détruite. C’est une zone des antiquités, où les autorités veulent racheter les terres cultivées par les paysans depuis des siècles. Toute la partie agricole du village va donc passer dans la zone du « Disney pharaonique ». C’est le « plus grand musée à ciel ouvert du monde » comme ils disent.

Dibou : Et qui dit musée, dit « pas d’habitant ».

Avant de parler de Gournah, vous vous attendiez à cette Révolution égyptienne?

Dibou : Je l’ai découvert sur Facebook, avec des vidéos montrant des dizaines de milliers de manifestants.

Golo : Le premier jour où les gens ont manifesté, c’était officiellement la fête de la police ! La réaction des autorités a été d’une brutalité inimaginable et ça a provoqué la Révolte. Il y avait alors dans l’air l’exemple de la Tunisie qui a montré aux gens que « oui, c’est possible ». Et puis, après avoir fait le premier pas, la première manif, les gens ne pouvaient plus reculer.

Dans votre village, comment s’est déroulée la Révolution ?

Golo : Dès les premiers jours, toutes les communications ont été coupées : plus d’internet, plus de téléphone portable, plus de trains, plus d’avions… Tout cela pour éviter la contagion de la révolte. Il restait juste la télé, alimentée par les antennes paraboliques. Nous n’avons pas la télé, on allait chez les voisins où les gens regardaient la Révolution. Pendant toute cette période, la police a disparu ! Dans toute l’Egypte, on ne voyait plus un uniforme. Ils étaient tous en civil ou alors c’était les truands servant d’agent provocateur.

La population s’est donc organisée spontanément dans les quartiers. Ils assuraient la sécurité, la circulation… dans les grandes villes comme au village.

Et aujourd’hui, la police est revenue ?

Dibou : Oui, mais les policiers savent que la population n’a plus peur. Les gens ne sont plus rackettés par les policiers dans la rue. Ni les chauffeurs de bus, ni les petits vendeurs de poupée… Cela a rendu aux gens leur fierté et l’espoir.

Golo : Au quotidien, il y a encore beaucoup d’inquiétude, liée à l’incertitude de la situation. Les gens attendent les élections. Et puis, il a y a des vols et de la provocation de la part de ceux qui étaient au pouvoir.

Peut-on craindre un retour des Frères musulmans ?

Dibou : Les Frères musulmans ont complètement raté le coche. Ils n’ont rien vu venir et heureusement… De toute façon, les Egyptiens n’en veulent pas.

Golo : Au sein des Frères musulmans, les gens ne sont pas d’accord entre eux. Il y a eu des élections à l’université où les FM ont nettement reculé. Les Français sont obsédés par cette question, pas les Égyptiens.

La BD est-elle en train de vivre une phase de retour vers les sujets politiques, comme vous le faites dans ces Chroniques de la nécropole ?

Golo : J’ai toujours pensé que la BD est un moyen d’expression à part entière. On peut être historique, personnel, onirique… Je ne connais pas de limite à la BD.

Dibou : Cela se veut un témoignage de ce qui a été et qui n’est plus. Sans cet album, il n’y aurait plus de traces. Il y avait aussi toutes les photos amassées pendant des années sur Gournah. L’idée de la BD avec les photos s’est imposée naturellement.

Golo : Autre exemple, lorsque le village a été rasé par des bulldozers, j’ai pris des photos. Mais pour moi, c’était trop déchirant. Je ne pouvais pas dessiner ces scènes-là.

Est-ce que la population a été consultée sur ce projet de relocalisation du village ?

Golo : Non. Ces villageois sont niés dans leur existence. Pour le pouvoir, il fallait chasser l’image de l’habitat. Le touriste ne doit pas voir le pauvre paysan égyptien. Tout doit disparaître. Seules doivent rester les pierres. L’archéologie a complètement rebâti Hatshepsout en reconstituant les lieux.

Les archéologues se sont-ils exprimés sur ce projet ?

Golo : Certains s’en fichaient complètement. Mais ils sont coincés, car pour les fouilles, ils ont besoin d’autorisation de la part du service des antiquités. Le Français Christian Blanc s’est exprimé dans Le Monde, en raison des rapports de proximité qu’il entretient avec ses ouvriers. Les ouvriers des archéologues sont tous des gens du coin.

Pourquoi êtes-vous aussi ironique, voire caustique… y compris sur vous-mêmes ?

Dibou : En Occident, on est obsédé par le boulot. Lorsque je discutais avec mes amis égyptiens, ils finissaient par me dire : « tu nous parles de ton travail tout le temps, mais tu ne dis rien sur toi ». Donc, je suis venu à Gournah pour m’arrêter sur moi-même, même si cela n’a pas toujours été évident : on est dans une vie trépidante et tout à coup, on peut être saisi par l’ennui. Me vider la tête de mes clients [Dibou était consultante en marketing, Ndlr], ça a été plus compliqué que le problème de l’argent. Le plus dur a été de reconnaître mes envies et puis on a une vie très monacale.

Avec la Révolution, vous pensez que le tourisme pourrait aussi changer… ?

Golo : Jusqu’à présent, les gens sur place n’ont que les miettes des miettes de tout ce business. Si ça pouvait les aider à vivre correctement, ça serait bien. Une bonne partie de la population a envie que ça change.

Dibou : Pas de mal de gens ont été mis en taule. Le gouverneur de Louxor, par exemple, a été jeté en prison. Il va y avoir des jugements pour corruption.

Golo : Dans la Révolution égyptienne, ce qui m’a marqué, c’est à quel point les gens ont eu une réaction citoyenne après des années d’oppression. Sur tous les aspects : la sécurité, la circulation, l’organisation… ça donne de l’espoir ! Les gens prennent conscience qu’ils peuvent changer les choses, que ce n’est pas la volonté venue d’en haut, de Dieu ou d’autres ! La façon dont ils ont utilisé Internet, ils ont été merveilleux d’invention.

Le prochain album sera celui de l’espoir…

Golo : J’espère qu’il sera positif. Mais les jeunes du village relocalisé dans le désert m’ont redonné espoir. Ils ont rebaptisé la place du village « place Tahrir » !

Ils pourront lire votre BD ?

Dibou : Oui, nous allons en apporter des exemplaires en rentrant. Jusqu’à maintenant, tous les albums de Golo ont été censurés pour on ne sait quelle raison…

Golo : Cela me rappelle une anecdote. Lorsque j’ai adapté le livre « Mendiants et orgueilleux » en BD, Albert Cossery m’avait dit : « enfin, les illettrés vont pouvoir me lire » !


Photos : Ophelia Noor en CC pour OWNI /-)

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http://owni.fr/2011/05/06/itw-golo-la-reaction-citoyenne-des-egyptiens/feed/ 29
Vendredi c’est Graphism S02e09 http://owni.fr/2011/03/04/vendredi-c%e2%80%99est-graphism-s02e09/ http://owni.fr/2011/03/04/vendredi-c%e2%80%99est-graphism-s02e09/#comments Fri, 04 Mar 2011 07:30:57 +0000 Geoffrey Dorne http://owni.fr/?p=49554 Bonjour à toutes & tous et bienvenue à bord de l’OWNI graphique du vendredi :-)

Aujourd’hui, notre revue de la semaine fait des aller-retours entre design numérique et graphisme imprimé, il va donc nous falloir sauter de l’un à l’autre avec, comme toujours, les yeux grands ouverts. Je vous propose donc cette semaine un travail mélangeant peinture classique et dessin-animés, une publicité Windows Phone 7 qui a des allures d’Apple, un coup de gueule pour protéger la vie de l’Association, une très belle animation et des interfaces mobiles. Je vous proposerai aussi de jeter un œil sur ma dernière affiche et un petit WTF avec un gros ours de deux mètres.

Un bon vendredi graphique à vous tous ! :-)

Geoffrey

Pour commencer notre revue de la semaine, voici un travail graphique vraiment intéressant car il s’agit de la rencontre entre le dessin animé & la peinture classique. Avec des airs de Roger Rabbit, une pincée de situationnisme et une bonne dimension culturelle, ces images racontent à chaque fois une histoire croisée. Un peu comme si deux mythologies se rencontraient. On redécouvre alors certains tableaux ou certains personnages de dessin-animé sous un nouvel œil.

Par exemple, l’avant-dernière peinture est une œuvre d’Édouard Manet intitulée « Un Bar aux Folies-Bergère ». Elle est inspirée du naturalisme de son ami Émile Zola. Le montage remplace ici le personnage principal (une vraie employée des Folies Bergère) par la célèbre Jessica Rabbit du film « Qui veut la peau de Roger Rabbit ». Le mélange des deux tournent autour de la thématique du double, du reflet, entre le « vrai tableau » qui place derrière la serveuse, un miroir qui la reflète de façon inexacte, et la symbolique de Jessica Rabbit qui déclare dans Roger Rabbit: « je ne suis pas mauvaise, je suis juste dessinée comme ça », on appréciera donc la subtilité du mélange ;-)

source

Cette semaine, nous avons également eu le plaisir de découvrir la dernière publicité non-officielle pour le Windows Phone 7 qui vient de sortir. Elle se veut novatrice, même si elle a parfois des allures de pub Apple et pourtant, on dirait qu’elle s’inscrit dans la « tradition » des publicités un peu psychédéliques de Microsoft, notamment celles avec Steve Ballmer.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Et Steve Ballmer en 1986 :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

source

On enchaîne avec une actualité assez malheureuse car il s’agit de l’Association qui ne se porte pas très bien. L’Association est une maison d’édition française de bande dessinée, fondée en mai 1990 par Jean-Christophe Menu, Lewis Trondheim, David B., Mattt Konture, Patrice Killoffer, Stanislas et Mokeït et elle édite des très bonnes bandes dessinées.

En quelques mots, l’Association va devoir licencier 3 ou 4 salariés (sur les 7 existants). Les salariés sont ainsi en grève depuis un mois car la direction refuse de présenter les résultats et notamment les bénéfices de l’entreprise pour justifier un tel licenciement…). Bref, en soutien aux salariés, les dessinateurs de l’Association ont mis aux enchères, chaque jour, un dessin pour payer les honoraires des avocats et si possible, les aider financièrement à supporter les 31 jours de grève qu’ils viennent de traverser.

le site pour soutenir l’Associationsource

Toujours du côté des artistes, voici un projet d’animation réalisé par une jeune équipe (Mathorne Bo, T. Sørensen Tue, Larsen Gil Arthur, Rie C. Nymand, Mads Simonsen, Thomas H. Grønlund, Sloth Jacob Esben, Martin Holm-Grévy) et qui n’a de cesse de m’enchanter. L’histoire est assez sombre mais saura trouver une touche graphique particulière, quelque chose de personnel, d’unique, notamment dans l’animation des personnages.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Cette semaine fût également pour moi celle de la découverte d’un site Internet signé par Mari Sheibley, une designer de New-York qui travaille pour Foursquare. La majorité de son travail tournant autour du mobile, Mari a décidé de concevoir mobile-patterns.com, un site qui recense  les applications iPhone et Android par typologie d’interface. Cette bibliothèque de modèles d’interfaces mobiles vous servira peut-être si vous travaillez sur les interfaces mobiles et si vous recherchez l’inspiration :-)

le site

Avant-hier, j’ai pris un peu de temps pour dessiner cette affiche sur ce qu’on appelle les “Révolutions Arabes” (comme pour les circonscrire?). Je vous la partage donc, en précisant qu’elle est en Creative Commons & qu’elle est également disponible en grand format :-)

source

Pour finir cette semaine sur un WTF un peu trash, voici le travail de Mori Chack (森チャック), un artiste japonais spécialisé dans le domaine du graphisme. On se concentrera donc sur deux vidéos de “Gloomy Bear”, un ours rose de deux mètres de haut, violent et se nourrissant d’enfants. Vous l’aurez compris, ils sont l’antithèse de Hello Kitty et autres symboles kawaii… Attention les yeux ! ;-)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le petit mot de la fin sera pour attirer votre attention sur les images de ces révolutions en ce moment, ces images, A4, en noir et blanc, découpées rapidement sur Paint, ou ces affiches plus grandes, parfois sérigraphiées ou diffusées en masse sur Twitter. Ce sont des choses précieuses et rares que celles-ci, n’hésitez donc pas à vous y attarder, à les collecter et les garder bien au chaud :-)

Bon week-end ! :-)

Geoffrey

Bon vendredi

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BD: “Dis maman il va mourir le singe?” http://owni.fr/2011/02/28/bd-dis-maman-il-va-mourir-le-singe/ http://owni.fr/2011/02/28/bd-dis-maman-il-va-mourir-le-singe/#comments Mon, 28 Feb 2011 18:30:19 +0000 Bastien Vivès http://owni.fr/?p=48974 C’est un peu le petit génie de la BD. Pourtant le jeune prodige a bien bourlingué depuis la parution de son premier album en 2006. A 27 ans, Bastien Vivès totalise déjà une dizaine de productions au compteur, sans oublier un prix Essentiel Révélation au festival d’Angoulême, reçu en 2009 pour Le goût du chlore.

Entre autres projets, le dessinateur sévit aussi sur Internet, en contribuant notamment à l’ambitieux projet de BD collaborative “Les Autres Gens“, aux côtés de Boulet, Marion Montaigne ou encore Thomas Cadène, et en alimentant son blog, Comme Quoi. Dans des strips incisifs et sobres, il met en scène le petit sordide du quotidien, pour un résultat savoureux et débordant d’humour. Le tout nappé de titres à rallonge, reflets de la beauté absurde des situations qu’il illustre. Aujourd’hui, zoologie contre anthropologie: “lundi… lorsque un animal sera toujours majestueux et qu’un homme ne le sera jamais”.

Article initialement publié sur le blog de Bastien Vivès, Comme Quoi, sous le titre “Lundi… lorsque un animal sera toujours majestueux et qu’un homme ne le sera jamais”.

Suite à un problème technique, le billet a été mis en ligne puis dépublié plus tôt dans la journée. Veuillez nous en excuser /-)

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Expliquer l’info: un métier d’avenir? http://owni.fr/2010/12/03/expliquer-l%e2%80%99info-un-metier-d%e2%80%99avenir/ http://owni.fr/2010/12/03/expliquer-l%e2%80%99info-un-metier-d%e2%80%99avenir/#comments Fri, 03 Dec 2010 07:30:08 +0000 Benoit Raphaël http://owni.fr/?p=37807 “Explainer”, un nouveau mot pour un métier d’avenir du journalisme. L’école de journaliste de New York University (NYU) et le site d’investigations Pro-Publica ont signé un partenariat en ce sens. Le projet, explainer.net, a pour objectif de traiter l’information par le contexte plutôt que par le flux.

À côté du nouveau métier de “curator” qui consiste à trier, vérifier et mettre en scène l’info disponible online (qui a fait l’objet de nombreux posts sur ce blog), celui d’”explainer” revient à expliquer l’information et la rendre la plus intelligible pour le plus grand nombre. L’idée, me direz vous, est vieille comme le journalisme, mais :

1/ qui se concentre vraiment sur cette mission aujourd’hui dans les médias ?
2/ l’environnement dans lequel évolue l’info aujourd’hui rend ce métier de plus en plus indispensable aux utilisateurs.

Consommer l’info aujourd’hui”, explique Jay Rosen (NUY), “c’est un peu comme recevoir des mises à jour de logiciels que vous n’avez pas installés sur votre ordinateur”. Internet privilégie beaucoup le flux, le live, à la Twitter, la mise à jour en continu, mais peine encore à délivrer du contexte, les éléments de base qui permettent de comprendre une information. Surtout quand cette dernière est complexe. “On a toujours l’impression d’entrer dans une info au milieu ou à la fin”, rapporte le producteur Alex Blumberg. Tout le monde rencontre ce problème. Il y a donc une demande. Mais très peu d’offre.

Expérimenter de nouvelles méthodes

Cela passe par la façon de structurer l’info sur son média (en n’hésitant pas à faire des liens vers la concurrence), mais c’est aussi l’exploitation d’outils éditoriaux ou technologiques (explainer.net en comptabilise 8), ainsi que de techniques pédagogiques poussées. Parce que l’information qui compte est bien souvent complexe. Y pénétrer demande du temps, ou des capacités d’analyse et de recherche que tout le monde n’a pas. Un vrai challenge. Et le partenariat avec ProPublica, dont les enquêtes sont souvent très complexes, mais extrêmement utiles, n’est pas innocent. Pro-Publica a d’ailleurs déjà mené quelques expérimentations dans ce domaine, en utilisant la bande-dessinée et même la musique !

Jay Rosen cite également le travail de la radio publique (NPR), utilisant des podcasts pour expliquer la crise.

Les étudiants vont explorer toutes les facettes des techniques pédagogiques, de la série “pour les nuls” à la méthode d’apprentissage de langues “Rosetta Stone”, en passant par l’infographie (comme celle-ci).

Je travaille actuellement pour un média sur un modèle d’infographie “en une image” (quelques exemples ici de ce format très en vogue sur le Net) qui permette d’expliquer une problématique géostratégique complexe et pas très rigolote avec un minimum de mots, d’images et de temps de lecture, dans un format viral. Car la clef n’est pas seulement de mieux expliquer, c’est aussi d’affronter le problème du temps consacré  l’info online, très court. Il faut travailler sur des modèles ludiques, courts (ou par étapes, avec des mécaniques de teasing dans le jeu vidéo).

Un véritable art.

Crédits photos cc FlickR : Oberazzi, x-ray delta one

Article initialement publié sur La Social Newsroom.

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